09.03.2010

Lorsque le linge se lavait manuellement

Alors qu'aujourd'hui des travaux de réfection de certaines sections de tout-à-l'égout s'effectuent dans le village, on est loin de penser à ce qu'était, presque un siècle en arrière, la vie de nos ménagères. Parmi leurs tâches indispensables, le lavage du linge (linge de corps, draps, couvertures etc...) demandait beaucoup de temps. Il leur fallait amener sur la brouette, dans des corbeilles en osier, le linge salle, s'équiper du battoir, de la « banque » (tabouret sur quatre pieds pour y frapper le linge trempé), mais aussi d'une caisse en bois garnie de paille pour s'y agenouiller dedans. On est loin de nos machines à laver actuelles avec essoreuse incorporée. Après lavage, il fallait étendre le linge lavé sur le gravier pour le faire sécher. Les draps du Grand Hôtel Saunier étaient étendus sur le terrain de La Serre placés sur les herbes d'aspic ou lavande sauvage afin de les parfumer naturellement. Les corvées de lavage étaient parfois dures lors des journées de froidure, elles avaient au beaux jours leur côté agréable, pour nos lavandières, c'était un endroit de rencontre, l'endroit où les conversations allaient bon train, dans les commentaires il y avait toujours quelque nouvelle intéressante à apprendre. La vie était ainsi faite, nous ne pouvons qu'en informer les jeunes mamans d'aujourd'hui ou leurs fillettes, leur précisant que leurs grands-mères ou arrières ont vécu ses moments parfois difficiles mais aussi avec un bonheur relatif.

Sur notre document datant de près d'un siècle on peut apercevoir sur le pont de l'Orbieu le charroi d'un chargement de fourrage pour les chevaux, le clocher n'avait pas la contexture du dôme actuel et au premier plan l'étendue de gravier sur lequel allaient sécher couvertures et draps.

FAB LAVANDIERE.jpgElles étaient nombreuses les lavandières du début du siècle dernier.

04.03.2010

Au temps où l'Orbieu fournissait sables et graviers

Le village de Fabrezan est longé par la rivière de l'Orbieu au sud. Cette rivière a longtemps été « fournisseur de sables et graviers » pour de nombreuses entreprises. Dans les années 30, sortie du pont sur l'Orbieu l'entreprise Vilalta de Lézignan avait un concasseur  pour le concassage des galets de rivière, servant à la construction des routes des cantons autour de la capitale des Corbières. Des artisans tâcherons exploitaient en moindre quantité les sables et graviers pour les maçons locaux. Après guerre, dans les années 50 Raymond Jové, propriétaire d'une gravière au lieu dit « La ferrière » se mit à l'exploiter, équipé d'une pelle mécanique à benne preneuse, avec camion benne,(document ci-après) livrant les entreprises de maçonnerie jusqu'à Narbonne Plage et Leucate où la demande était constante, vu l'extension en constructions de ces nouvelles cités en bord de mer.

Quelques années plus tard (1970/80) l'entreprise lézignanaise Boyer, vint s'installer entre les lieux dits La Ferrière et Les Scaïrels, effectuant des prélèvements journaliers avec une batterie composée d'une dragline et d'une pelle pour l'extraction, et de 6 à 8 camions bennes poids lourds pour le transport. L'Orbieu riche de ce genre de matériaux, n'est, pour des raisons de réglementation préfectorale, plus exploitée. Seuls des documents attestent que cette rivière a permis grâce à ses matériaux, d'effectuer de très nombreux et importants travaux de maçonnerie dans toute la région.

1956.SABLIERE.002.jpgRaymond Jové et son fils Aimé exploitant dans les années 50/60 la gravière de La Ferrière à Orbieu.

20.02.2010

Fabrezan il y a plus d'un siècle

Fabrezan comptait 1837 habitants, 583 électeurs, le village était éclairé, possédait son bureau de poste avec télégraphe et téléphone tenu par Mme Besson et son adjointe Mme Gaillard. Trois abonnés seulement au téléphone, M. Bergès, commissionnaire en vins, M. Goudy (vins) et la Sté Méridionale de transport de force, remplacée plus tard par l'EDF.

Un bureau de bienfaisance était tenu par le maire M.Gonin, la société de secours mutuel La Concorde avait pour président M.Tautil, la fanfare locale avait pour directeur M.Blanc. Dans les institutions locales on pourrait citer : maire : M. Gonin, Conseillers : M. J. Douce, M. Doua. Secrétaire de mairie : Merque. Garde : M. Armengaud. Cantonniers: Messieurs Barbaza, Bressoles,  Germa. Agent de police, Dezarnaud, receveur municipal, M. Bagneris, receveur buraliste M.V Merque, notaire Me.Ratie. Les instituteurs étaient MM Hornac, Vignier, Talut, les institutrices étaient Mmes Mahoux, Espezel, Brunet, Milhet. Curé Père Jalabert. Les commerces étaient les suivants : Affenage et auberge MM.Raynaud et Lavenc, Bouchers Pistre, Crévefosse, Bert, Foucault, Montlaur, Tricoire et Bosc. Boulangers, Tautil, Guilhermenc, Monie, Maleveau. Bourreliers celliers Aymard et Saunier. Cafés : Caillaba, Bourges, Roux, Montlaur, Blanc, Lacube, Bayle. Maîtres carriers, Augé, Mathieu, Beroul, Coderch. Courtiers en vins Roger, Lavenc, Berge, Marty. Chapelier Albert Martini. Charron-forgeron Bouis. Chaux, ciment, briques et tuiles :Labit, Azema, Douce, Villefranque. Coiffeurs : Lavenc, Navarre, Périllous, Cahuzac.

Combustibles :Laborie et Menteau, cordonniers : Olive, Cazilhac frères, Martini, Cassillac. Docteurs médecins : Augé, Tautil, Falc, Engrais,Albert, Adrien, Augé, Caillaba. Entrepreneurs, Labit, Auge, Puig, Douce, Lagarde. Epiciers Bert, Bigou, Badia, Périllous, Barral, Jeanjean, Crèvefosse, Fraisse, Desplas. Ferblantier plombier lampiste, Barral. Foudriers J.Monie et G.Monie. Horticulteurs  jardiniers Clergue, Bosc, Durand. Hôtels Restaurants Raynaud, Lavenc. Instruments agricoles Barral, Alazet. Laitiers Siffre, Cros, Clerg, Fournier. Lingerie Albert. Maréchaux : Guilhem, Saurat, Alazet, Caussinus. Menuisiers, Fresquet, Andrieu, Chaulet, Vendine. Merciers, Périllous, Blangou. Nouveautés, bonneteries Albert, . Peintres, vitriers, papiers peints, Beauzil, Villefranque, Labit, Douce. Pharmacien, Esperon. Plants, Labadie, Camp. Sages femmes Marty, Condoulet. Serruriers, Bordes, Barral. Tailleurs confections, Moulis, Cassaing. Tartres, lies, Baissas. Tonnelier, Gonnin. Vétérinaire F.Abbal. Vanniers Fenille, Garic. Négociant en vins Goudy, Principaux propriétaires, Bergès, Bouffet, Tallavignes, Mailhac, Boyer, Brun, Fabre, Labadie, Berlioz, Tournier, Pages. Service de voitures J.Bergès.

Tramways à vapeur : gare des tramways avec ligne n°5, Lézignan Port La Nouvelle 55km et ligne n°10  Fabrezan-St Pierre des Champs 15 km mise en service en 1905 terminée en 1932.

Copie de train30.jpgLa ligne des tramways traversant le pont sur l'Orbieu.

17.02.2010

Le garagiste des années 30

C'est l'image du passé d'une des activités artisanales du village fabrezanais d'avant guerre. Certains se rappellent du dernier garagiste ayant occupé ce local : M.Maurel durant les années 46 à 70. Cependant très peu, sont à même au vu de ce document de reconnaître quelques uns des personnages. Pourtant, la fillette debout entre les deux motos, n'est autre que notre compatriote Louisette Milon, née Tricoire dans l'année 1923 , elle se souvient bien du garagiste M.Monviella, mais a quelques difficultés à se remémorer les personnes plus âgées l'entourant ; on pourrait éventuellement sans précision aucune, croire reconnaître certains  lesquels ne sont plus de ce monde, tel le cycliste Lanne, le père de René Armengaud. Si quelques personnes reconnaissent l'un de ces personnages, merci d'en informer le correspondant local.

 Cette image reflète en quelque sorte l'activité du garage à cette époque là, motos, vélo, véhicule d'époque, à droite les caractéristiques pompes à essence d'autrefois équipées des deux réservoirs en verre transparent, se garnissant manuellement par un levier oscillant.

Nous évoquerons les deux successeurs (ceux avant M.Maurel), dont l'un d'entre eux avait mis à l'entrée, un grand tableau noir sur lequel était inscrit « Il n'est rien de plus odieux aux gens qui travaillent que la présence de ceux qui ne font rien ». Comme quoi le temps était aussi précieux qu'aujourd'hui. Voici parmi les souvenirs un qui mémorise une des activités encore présente de nos jours.

ANCIEN GARAGE MAUREL.jpgUne seule personne s'est reconnue dans cette photo des années 30. D'autres personnes se reconnaitront-elles?