11.11.2011

14-18 les récits de mon grand-père

Papé Pierrounet 14-218.jpgÉtant à ce jour arrière-grand-père, il me restera toujours dans ma mémoire, ce que me racontait, le soir au coin du feu, le plus souvent en occitan (disons patois), mon grand-père sur les évènements de la grande guerre 14-18.

A plusieurs reprises, il me citait son corps d’armée dans les Chasseurs Alpins, les Vosges, Gérardmer, où dans la boue des tranchées ils restaient parfois plus de 15 jours sans se déchausser, allant de temps à autre au combat. Ces derniers étaient souvent dramatiques, il en manquait souvent lorsque les tirs d’artillerie les pilonnaient. Il me définissait avec parfois d’amples détails qui me transportaient sur les lieux virtuellement dans mon esprit de mes 10 ans. «  Un jour me dit-il « après le combat, sautant dans la tranchée, j’entendis un appel ‘un de mes camarades de Moux «  Pierrounet véni me quere » Pierrounet était le diminutif du prénom de mon grand-père, « viens me chercher ». Celui-ci était blessé aux jambes, et malgré les coups de feu qui sifflaient de temps à autre, je réussis à le cramponner par le bras, le tirer jusqu’à la tranchée où je l’ai jeté tant bien que mal dans la boue. Gravement blessé, il fut évacué sur les lignes arrières, pour lui la guerre était finie, il resta jusqu’à la fin de ses jours un grand invalide. » En 1918, son fils mon oncle (né en 1898) fut à son tour mobilisé et quelques mois après fut prisonnier par les Allemands dans les mines de charbon, pour être libéré quelques jours après l’Armistice.

De ses histoires, j’ai savouré tous les épisodes, les uns après les autres m’informant dans le temps de documents imagés de ce que fut cette guerre totale qui fut appelée la der des ders, qui a vu mourir plusieurs millions de soldats, de poilus français dans l’enfer des tranchées.

Photo une image de mon grand-père dans la tranchée  après alerte au gaz

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